Futur Plan national maladies rares : les annonces ministérielles et les avancées des travaux

Le 21 novembre dernier, lors des rencontres Rare 2017 à la Cité des Sciences et de l’Industrie, la ministre des Solidarités et de la Santé, la Pr Agnès Buzyn, et la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la Pr Frédérique Vidal, ont annoncé dans leurs discours respectifs leur engagement pour une politique volontariste structurant tous les aspects relatifs à la problématique des maladies rares. L’une et l’autre ont souligné l’important travail de co-construction de cette politique, notamment dans le cadre de la préparation du 3e Plan national maladies rares, conduit par les personnalités qualifiées, la Pr Sylvie Odent et le Pr Yves Lévy, qui ont mobilisé plus de 160 participants d’horizons différents.
Lors de l’événement Rare 2017, Mme la ministre des Solidarités et de la Santé a annoncé le contenu du rapport ayant résulté de ce travail, préfiguration du prochain Plan national maladies rares 2017-2022. Elle a mis l’accent sur les aspects de généralisation des nouvelles technologies de diagnostic moléculaire afin de limiter l’errance diagnostique. Ella a également souligné l’importance de la coordination des secteurs sanitaire, médico-social et scolaire dans les parcours des malades, ainsi que du partenariat public-privé nécessaire à l’innovation et au développement de nouvelles thérapies. Enfin, l’articulation nécessaire entre politiques nationales (Plan France médecine génomique 2025, Stratégie nationale de santé 2018-2022, Stratégie nationale e-santé 2020) et l’ouverture à l’Europe, en consolidant le positionnement de la France, ont été mises en avant.
Mme la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a, quant à elle, rappelé l’importance capitale de la génération, l’interopérabilité et l’exploitation des données, en soulignant les avancées de la Banque nationale de données maladies rares (BNDMR) et la nécessité d’aller plus loin dans l’exploitation des données de santé pour la recherche, dans un domaine où activité clinique et recherche sont si fortement intriquées. Elle a insisté sur le fait que la recherche sur les maladies rares doit être effectuée à l’échelle européenne et internationale, et a rappelé que la France a déjà pu exceller dans ce domaine avec, entre autres, la coordination des programmes ERA-NET E-Rare pendant 11 ans.
Les deux ministres ont délivré un message rassurant d’articulation entre santé et recherche, entre France et Europe, s’appuyant sur les atouts de la France, tels que la structuration en Filières de santé, Centres de référence et de compétence, dont la récente labellisation a été saluée. Les succès des Instituts hospitalo-universitaires (IHU) ont également été rappelés. Les ministres ont présenté une démarche volontaire de mise en cohérence de différentes politiques à des échelles nationale et européenne, orientée vers les objectifs de la communauté internationale des maladies rares (voir les objectifs du Consortium international de recherche sur les maladies rares IRDiRC).
Cette politique cohérente sera celle du 3e Plan national maladies rares dont les travaux avancent : le 24 octobre dernier, la Pr Sylvie Odent et le Pr Yves Lévy, ont présenté leur rapport au Comité de suivi, en présence des représentants des cabinets ministériels. Le rapport, appelé « Partager l’innovation, un diagnostic et un traitement pour tous » s’articule autour de trois ambitions :
- Un diagnostic rapide pour chacun ;
- Innover pour traiter ;
- Améliorer la qualité de vie et le parcours des malades.
Deux autres objectifs, moyens pour atteindre les précédentes ambitions, font également partie du rapport :
- Communiquer et former ;
- Moderniser les organisations et les financements nationaux.
Une attention particulière est portée sur l’articulation avec d’autres plans et politiques nationales, ainsi qu’avec des projets internationaux, tels que la structuration en Réseaux européens de référence et le futur programme européen de recherche pour les maladies rares.
Ce rapport reprend les propositions faites par les quatre groupes de travail réunis depuis novembre 2016. Ce travail de co-construction, auquel les associations de patients ont pris part, se poursuit : les retours attendus du Comité de suivi permettront d’aboutir à une proposition de plan, vraisemblablement début 2018.



