Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2019

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, ont présenté, mardi 25 septembre 2018, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2019.
Ce projet de loi s’inscrit dans la trajectoire des finances publiques présentée dans le cadre de la loi de programmation des finances publiques adoptée l’année passée.
Le Gouvernement a fait le choix de renforcer l’effort d’investissement dans la santé dans le cadre du plan “Ma santé 2022” présenté le 18 septembre par le Président de la République, en fixant un Ondam (Objectif national de dépenses d’assurance maladie) à 2,5% pour 2019, pour transformer en profondeur le système de soins.
La troisième partie du projet de loi de financement de la Sécurité sociale intitulée “Protéger les plus vulnérables” contient différents chapitres pertinents pour les patients atteints de maladies rares :
- Un chapitre est consacré à la mise en œuvre de la stratégie nationale pour l’autisme au sein des troubles du neuro-développement. Au total, ce sont 400 millions supplémentaires qui seront consacrés à la mise en œuvre de la stratégie nationale pour l’autisme tous financements confondus, dont 60 M€ en 2019.
- L’allocation adulte handicapée (AAH) sera fortement revalorisée en 2018 et 2019. Afin de lutter contre la pauvreté des personnes en situation de handicap, une première revalorisation de l’AAH aura lieu dès le 1er novembre 2018 pour augmenter l’allocation de 41€, soit 860€ par mois.
- Un autre chapitre est lui dédié à l’adaptation des prestations aux besoins des familles, notamment par la majoration du complément mode de garde pour les familles ayant un enfant en situation de handicap et la prolongation du complément mode de garde à taux plein jusqu’à l’entrée à l’école primaire
Enfin, la quatrième partie du projet est dédiée à l’investissement dans la transformation du système de santé, notamment par l’innovation thérapeutique. Point particulièrement intéressant pour les personnes atteintes de maladies rares, et pour renforcer l’accès rapide aux médicaments innovants pour les patients, le projet prévoit d’élargir les dispositifs d’accès précoce à l’innovation (ATU). Il sera désormais possible de disposer d’une ATU pour des extensions d’indications thérapeutiques, alors qu’aujourd’hui le dispositif est réservé uniquement à la première indication thérapeutique demandée. Cette règle restrictive n’est aujourd’hui plus adaptée aux produits d’immunothérapie, pour lesquelles l’accès au marché pour le même produit est réalisé par phases successives, dans différentes indications. Une procédure de prise en charge anticipée par l’Assurance maladie de certains dispositifs médicaux sera introduite au travers de ce projet. Cet accès rapide sera réservé aux dispositifs médicaux innovants, indiqués dans une maladie pour laquelle il n’y a pas d’alternatives thérapeutiques, et pour lesquels l’efficacité et la sécurité sont établies.

Le CHMP est un comité faisant partie de l’Agence Européenne des Médicaments, et chargé de l’évaluation scientifique des nouveaux médicaments. Harald Enzmann en sera le nouveau président pendant trois ans, et il remplacera le Dr. Tomas Salmonson.