L’Espace éthique Île-de-France, France Assos Santé Île-de-France et l’Agence régionale de Santé (ARS) Île-de-France mais également la Mission Associations Recherche et Société (Inserm) et le Pôle de ressources en éducation thérapeutique du patient d’ Île-de-France ont mené une enquête auprès des personnes vivant avec une maladie chronique ou un handicap, des personnes s’occupant d’un proche âgé, malade ou en situation de handicap, des bénévoles et professionnels des associations d’usagers du système de santé.
Cette enquête visait à mieux comprendre les besoins, les difficultés, mais aussi les solutions et ressources mobilisées, ainsi que les initiatives et les attentes de ces différents acteurs dans le contexte de l’épidémie de COVID-19.
L’enquête a été réalisée par Internet du 14 avril au 3 mai 2020. Plus de 800 personnes ont répondu à l’enquête, parmi lesquelles 355 (44%) vivant avec une maladie chronique ou un handicap, 284 (35%) étant des proches aidants et 281 (35%) interviennant à titre bénévole ou professionnel dans une association d’usagers.
Parmi les 812 répondants, la majorité (60%) déclare avoir rencontré des difficultés pendant la crise épidémique, mais seulement 10% déclarent avoir rencontré des difficultés importantes.
Parmi les 355 personnes vivant avec une maladie chronique ou un handicap, la principale difficulté à laquelle ont été confrontées ces personnes est le report des consultations réputées non urgentes. 60% des personnes vivant avec une maladie chronique ou un handicap disent ainsi avoir renoncé à des soins pendant l’épidémie, principalement parce que les professionnels qui les suivent habituellement ont réduit ou interrompu leurs consultations, mais aussi pour éviter d’être contaminées, parce qu’elles pensaient que leur situation ne serait pas considérée comme prioritaire, et parce qu’elles voulaient laisser la priorité aux personnes atteintes du COVID-19. Durant la crise, un quart des personnes vivant avec une maladie chronique ou un handicap ont également renoncé à d’autres besoins élémentaires, notamment à sortir de chez elles et à s’alimenter normalement.
Parmi les 284 personnes qui accompagnent un proche âgé, malade ou handicapé, les principales difficultés rencontrées par ces proches aidants ont été de s’équiper en matériels de protection (gants, gel, masques), et de faire en sorte que les soins de celle-ci soient assurés, notamment à domicile (auxiliaire de vie et entretien du logement).
Les 281 personnes qui interviennent dans des associations d’usagers expriment surtout le regret de n’avoir pas toujours pu poursuivre leurs activités, et ne pas avoir été davantage associées à la gestion de crise.
Ainsi, pour une large majorité de répondants, il existe de fortes attentes, en particulier de mettre en place des filières pour la continuité des soins des personnes vivant avec une maladie chronique ou un handicap, en cas de crise épidémique.