
Le Consortium international de recherche sur les maladies rares (IRDiRC) a récemment publié une étude dans le Rare Disease and Orphan Drugs Journal sur l’utilisation de la génomique dans le dépistage néonatal (DN) des maladies métaboliques héréditaires (MMH). Sur la base de leur analyse, les auteurs formulent des recommandations sur la meilleure façon d’intégrer la génomique dans les pratiques conventionnelles de dépistage néonatal afin d’améliorer le diagnostic précoce et les résultats à long terme des personnes atteintes d’une MMH.
Le DN est un outil essentiel pour de nombreuses maladies rares, y compris les MMH, car il permet une intervention précoce qui peut améliorer considérablement les résultats de santé et minimiser les complications à long terme dans les maladies pour lesquelles il existe des traitements. Cependant, les protocoles actuels de DN ne couvrent qu’une petite partie des MMH connues. Ces dernières années, les progrès du séquençage de la prochaine génération (NGS) ont permis de découvrir de nombreuses MMH nouvelles, même en l’absence de biomarqueurs typiquement détectés par le DN. Toutefois, ces progrès n’ont pas encore été intégrés dans les protocoles de DN, ce qui rend extrêmement difficile la détection précoce de bon nombre de ces affections.
Dans cette étude, les auteurs ont analysé l’état actuel du DN conventionnel pour les MMH en Espagne, aux Pays-Bas et en Italie. En outre, ils ont identifié les MMH sans biomarqueurs détectables par les méthodes conventionnelles qui sont de bons candidats pour l’utilisation de la NGS comme test de premier niveau. Sur la base de cette analyse, ils proposent deux voies potentielles pour l’intégration de la NGS dans les protocoles actuels de DN.
La première voie proposée est une transition progressive, dans laquelle les approches NGS et métabolomiques sont utilisées en parallèle, l’analyse génomique étant disponible en tant que test de deuxième niveau lorsque l’analyse biochimique donne des résultats anormaux. Cette approche pourrait accroître la sensibilité du dépistage, ce qui permettrait d’identifier un plus grand nombre de nouveau-nés atteints d’une MMH tout en réduisant le nombre de faux positifs. Dans la seconde voie, la génomique serait mise en œuvre en tant que test de premier niveau, la métabolomique étant utilisée pour confirmer le diagnostic.
Bien que chaque approche pose des défis aux cliniciens et aux régulateurs, les progrès récents de la technologie NGS permettent d’élargir le champ d’application du DN actuel et notre capacité à détecter les MMH le plus tôt possible. Quelle que soit la voie choisie, l’utilisation potentielle de la génomique dans le DN soulève des questions éthiques, psychologiques et sociales qui doivent être pleinement explorées avant la mise en œuvre.