
La 11e édition du rapport scientifique de l’Institut national du cancer (INCa), élaboré en collaboration avec l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan) est parue. Les recommandations du Conseil scientifique de l’INCa, les programmes de recherche menés en 2016 sur le cancer, dont 25% sont rares, et les orientations stratégiques de recherche sont présentées dans ce document.
Concernant les cancers rares, on peut notamment citer l’action du Consortium international de génomique du cancer (ICGC) créé en 2008 afin de rassembler des chercheurs du monde entier pour séquencer et analyser de manière approfondie les modifications génomiques, transcriptomiques et épigénomiques dans 50 types ou sous-types de tumeurs différentes. Ce programme a pour but de mettre les données à la disposition de l’ensemble de la communauté scientifique le plus rapidement possible, avec un minimum de restrictions. La France s’est engagée dans ce consortium avec plusieurs programmes concernant des cancers rares telles que le sarcome d’Ewing, le rétinoblastome, le carcinosarcome gynécologique, le léiomyosarcome ou la leucémie prolymphocytaire à cellules B.
Dans la même lignée, un des axes importants de l’INCa pour les cancers rares est le soutien à la recherche clinique et au développement d’essais de phase précoce pour les médicaments innovants. Ainsi, le programme AcSé (Accès sécurisé à des thérapies ciblées innovantes) lancé en 2013 met à la disposition des patients en échec thérapeutique un accès sécurisé à des thérapies ciblées innovantes, en dehors d’une indication approuvée. Récemment, le programme AcSé a été ouvert aux enfants et adolescents. Le programme AcSé-eSMART, ouvert en juillet 2016 est le premier essai clinique uniquement dédié aux enfants. Il met à disposition plusieurs thérapies ciblées pour les enfants et adolescents porteurs de cancers réfractaires ou en rechute, en fonction du profil moléculaires de leur tumeur. Les essais AcSé-nivolumab et AcSé-pembrolizumab ont quant à eux été mis en place durant le premier semestre 2017 et portent sur les cancers rares. 16 centres d’essais cliniques de phase précoce (CLIP2) en cancérologie ont également été labellisés en 2014, pour une durée de quatre ans. En 2015, 6 des 16 centres CLIP² ont été labellisés par l’INCa pour leur expertise en pédiatrie, afin de renforcer la recherche clinique précoce chez les enfants.
En parallèle, en 2016 l’INCa a dédié son Programme d’actions intégrées de recherche (PAIR) à la cancérologie pédiatrique. Il a pour objectifs de couvrir tous les champs de la recherche et de financer des projets de recherche en biologie, épidémiologie, sciences humaines et sociales et recherche translationnelle et clinique en oncologie pédiatrique. Un séminaire de lancement du PAIR pédiatrie a ainsi été organisé en avril 2016 en partenariat avec la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer et la Ligue contre le cancer.
Enfin, concernant les projets internationaux, l’INCa représente la France au sein du Groupe d’expertise sur le cancer de la Commission européenne. Ce groupe d’expertise a pour mission d’assister la Commission dans son travail de conception d’instruments législatifs, et recommandations dans la lutte contre le cancer. Une action conjointe sur les cancers rares a ainsi été lancée par la Commission européenne afin de répondre aux nombreux défis que présentent ces pathologies, y compris dans la mise en œuvre de la Directive sur les droits des patients en matière de soins transfrontaliers. Cette action conjointe contribuera au travail des Réseaux européens de référence sur les cancers rares et à l’amélioration de l’état de santé des patients atteints de cancers rares.